De Ducasse à Maldoror

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Harriet: Onze nouveaux passagers

In Biographie, Buenos-Aires, Ducasse, Harriet, Visa on 19/12/2014 at 19:03

Kevin Saliou

Suite à notre précédent article, le site visaenbordelais nous a contacté afin de nous proposer son aide pour identifier les passagers manquants de l’Harriet. Qu’il en soit ici remercié.

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Tandis que les passeports sont attribués au lieu où réside le voyageur, le visa est rempli dans la ville de départ et deux listes sont constituées : celle pour les porteurs de passeports français (cotes 4M666 à 4M672) et celle pour les porteurs de passeports étrangers (cotes 4M673 à 4M676).

Nous avons donc parcouru cette deuxième liste, aimablement fournie par l’équipe de visaenbordelais et disponible aux Archives départementales de la Gironde , et pouvons désormais confirmer, sous réserve d’une transcription correcte, les noms suivants :

Francesco Morivoli (ou Morisoli) et non Francesca Moisili
Ghiggioli Bernanrino (ou Bernardino) et non Bernardin Ghiggioli
Vicente Valter y Oreño et non Victor C. Valter
Martin José Mutuberria et non Martin Auluberia
Lorenzo Zabaleta
Pio Yldarray (ou Yldarraz) et non Zubita Ildanas – s’il s’agit bien de la même personne
Domingo Noain et non Domingo Maain
Martin Gorri y Gomez et non Martin Parri
Pedro Vicente Altiz et non Pietra Ortiz
Juan Martin Yldarray (ou Yldarraz) et non Martin Ildanaz

Harriet-visas

Archives départementales de la Gironde,
Registre des visas pour les porteurs de passeports étrangers de l’année 1867, cote 4M676

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Problèmes de transcription entre le départ et l’arrivée

Dans notre précédent article, nous avions mentionné quelques problèmes dans le registre tenu à l’arrivée, à Buenos Aires, mais aussi dans celui tenu au départ, à Bordeaux. Revenons plus en détails sur le sort infligé aux patronymes des passagers afin d’expliquer les distorsions qu’ils ont subies. Nous ne reprendrons pas les passagers identifiés et commentés dans l’article précédent.
Michel Muchadaa, compté deux fois à l’arrivée, masque en fait l’omission d’un autre passager, pourtant noté sur le registre des demandes de visa de Bordeaux : un certain Tomano Moroni, Italien âgé de 40 ans, se rendant à Buenos Aires et originaire, semble-t-il, d’Alexandrie en Italie. Moroni n’apparaît pas sur le registre des passagers arrivant à Buenos Aires : à moins qu’au dernier moment, ce passager en transit à Bordeaux ait décidé de ne pas embarquer, il a sans doute été oublié par notre fonctionnaire peu scrupuleux. Il fit sa demande le 22 mai 1867, et semble avoir voyagé seul.
Francesco Morivoli (ou Morisoli), abrégé en « Fco », avait 34 ans. Il venait de Bellinzone, en Suisse italienne, et se rendait à Buenos Aires, visiblement en compagnie de Ghiggioli Bernanrino (ou Bernardino), âgé de 39 ans, lui aussi originaire de cette ville. Tous deux avaient demandé leur visa le 21 mai 1867 et avaient la nationalité suisse. Sur le registre de Buenos Aires, ils sont notés tous les deux côte à côte, après le groupe des  Français, semble-t-il.
Vicente Valter y Oreño a perdu toute la fin de son nom dans la traversée puisqu’il est répertorié sous « Vicente Valter » à Buenos Aires. Cet Espagnol de 16 ans se rendait à Buenos Aires avec tout un groupe de compatriotes. Tous firent leur demande de visa à Bordeaux le 24 mai. Parmi ces passagers, on trouve Martin José Mutuberria, 16 ans, Lorenzo Zabaleta, 24 ans et Domingo Noain, qui avait, sauf erreur de transcription de notre part, 45 ans. A ce groupe, il faut ajouter Yldarray (ou Yldarraz), Pio de son prénom au départ, Zubita à l’arrivée. Nous ne sommes pas parvenus à retrouver le même prénom en comparant les deux registres. On peut se demander s’il s’agit bien de la même personne. Pourtant, si l’on compare les deux listes de noms, les espagnols ont tous été répertoriés dans le même ordre, déclinant leur identité l’un après l’autre au départ et à l’arrivée, et dans les deux cas, Yldarray est placé entre Zabaleta et Noain. S’il s’agit donc du même passager, le prénom reste à confirmer, mais son âge était alors de 29 ans.
Un autre Espagnol s’est présenté le 25, Martin Gorri y Gomez, âgé de 23 ou 25 ans. La deuxième partie de son nom est illisible sur le registre de Bordeaux, et sur celui de Buenos Aires, il est simplement appelé « Martin Gorri ». Nouvelle preuve qu’il ne voyageait pas avec les autres espagnols, le greffier argentin a placé le nom de Muchadaa (la deuxième occurrence) entre lui et ses compatriotes : il devait donc faire bande à part.
La liste de Buenos Aires se termine par trois autres noms : celui des Espagnols Pedro Vicente Altiz, 35 ans, et Juan Martin Yldarray (ou Yldarraz), 34 ans, qui s’étaient eux aussi inscrits le 24 et peuvent avoir voyagé avec le groupe cité plus haut. Quant au dernier nom, il reste encore un mystère : ce Ferdinand Saux n’apparaît pas sur le registre des étrangers.

Derniers noms manquants
Si l’on accepte l’hypothèse selon laquelle il faut lire, à la place de la deuxième occurrence de Muchadaa, Tomano Moroni, nous avons désormais identifié onze passagers de l’Harriet de nationalité étrangère. A ce nombre, on peut ajouter Jean-Baptiste Peré, Pierre Penen, Michel Muchadaa, Jean-Hubert Bourrere, Isidore Ducasse, Jean-Baptiste Lafont et Clément Belhere Rigabert sur lesquels nous avons déjà livré quelques informations; il ne reste donc plus que quatre passagers inconnus à bord de l’Harriet.
Nous avons donné le nom de Jean Carrere précédemment. Le site visaenbordelais nous a communiqué des informations supplémentaires : Jean Barnabé Carrere, âgé de 17 ans, sans profession, venait de Bosdarros, Basses Pyrénées, et se rendait à Montevideo. Le site nous donne un autre passager potentiel, qui se rendait à Buenos Aires sur un navire non-renseigné : Pierre Dubourdieu, sabotier de 37 ans, venant de Cadaujac en Gironde. Rien ne prouve que Dubourdieu ait embarqué sur l’Harriet.
Il nous reste encore à découvrir qui sont Victor S. Paurent, vraisemblablement français puisqu’il figure entre deux Français en tête de liste à Buenos Aires, Ana Althabegoity, probablement française elle aussi puisque son patronyme existe et semble avoir ses racines dans la région pyrénéenne, et enfin, Ferdinand Saux, qui malgré un nom à consonance française, est relégué en fin de liste après les Espagnols. Un retardataire qui mit plus de temps que les autres à sortir de l’Harriet où il avait passé plusieurs mois ?

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